Description : Entre 2014 et 2023, l’utilisation des fluoroquinolones en France a diminué de moitié,
passant de 4,8 à 2,2 millions de délivrances annuelles. Néanmoins, les deux tiers
des prescriptions en 2023 seraient non conformes aux recommandations les plus récentes,
exposant les patients à des risques d’effets indésirables très rares mais graves,
parfois invalidants et irréversibles. Face à ce constat, nous continuons d’améliorer
l’information des patients et de sensibiliser les professionnels de santé à un usage
approprié des fluoroquinolones, antibiotiques dont le recours ne doit s’envisager
que dans certaines indications très limitées. Les fluoroquinolones sont des antibiotiques
très efficaces contre certaines infections bactériennes graves, pouvant engager le
pronostic vital des patients. Leur utilisation est cependant strictement encadrée,
en raison de leurs potentiels effets indésirables graves : tendinopathies, des troubles
cardiaques et vasculaires, des neuropathies périphériques, des troubles neuropsychiatriques
ou encore une photosensibilisation ; elles sont également impliquées dans le développement
de résistances bactériennes. Ces effets peuvent survenir dès les premières heures
de traitement ou dans les jours qui suivent. Leur gravité impose une information claire
du patient sur la pertinence de la prescription et l’interruption immédiate du traitement
en cas de symptômes évocateurs. Le rapport bénéfice/risque de l’usage aux fluoroquinolones
doit être pesé systématiquement par le prescripteur pour chaque patient : les fluoroquinolones
ne doivent être prescrites que lorsqu’elles représentent le meilleur choix thérapeutique,
quand d’autres antibiotiques sont inefficaces ou contre-indiqués, conformément aux
recommandations en vigueur. Elles doivent être évitées dans des situations où d’autres
antibiotiques peuvent être utilisés. Elles ne doivent pas être prescrites pour traiter
des infections non sévères ou spontanément résolutives...;