Description : La déficience motrice représente un enjeu de santé publique majeur. Il s'agit de la
première cause de handicap acquis en France: environ 13% de la population Française,
soit 8 millions de personnes sont concernés. Les causes de grandes paralysies (hémiplégie,
paraplégie, tétraplégie, locked-in syndrome) concernent 9% de ces personnes soit 750
000 individus. La déficience motrice est très corrélée avec l'âge. Parmi les grandes
étiologies, on comptabilise notamment 130 000 nouveaux AVC chaque année en France.
Plus de 50 % des patients victimes d'un AVC conservent des déficiences neurologiques,
le plus souvent motrices. Environ 80% des patients ayant présenté une hémiplégie vasculaire
conservent un déficit de préhension lié à une atteinte motrice d'un membre supérieur.
Le traumatisme vertébro-médullaire est l'autre grande cause de handicap moteur avec
environ 1 200 nouveaux cas de paraplégie ou tétraplégie traumatique chaque année en
France. Restaurer ou compenser la déficience motrice au-delà de la récupération spontanée,
représente un enjeu majeur en termes de santé publique. Dans ce chapitre, nous aborderons
essentiellement les approches dont l'objectif est de restaurer la fonction motrice
que l'on qualifie parfois de « neuro-facilitatrices ». Plusieurs méthodes de rééducation
de l'hémiplégie vasculaire ont été proposées depuis la deuxième moitié du vingtième
siècle dans des contextes théoriques souvent très différents et en constante évolution.
A côté des techniques classiques de rééducation, les progrès dans le domaine des neurosciences
permettent de mieux comprendre les mécanismes de plasticité cérébrale qui sous-tendent
la récupération. La possibilité de moduler la plasticité cérébrale pour favoriser
la récupération motrice a permis le développement de plusieurs approches innovantes
et prometteuses.;